Des poireaux font du sport !

2018, Tom, SuperEnduro de San Remo : Changement de jambe !

30 Avril 2018, 13:49pm

Publié par tcaboc34

Superenduro de San Remo
22 avril 2018
Plus de 300 riders présents

Cette course est la première de la saison du championnat italien d'enduro, mais elle est aussi une manche qualificative pour les coupes du monde (EWS) 2019. Il y a donc une présence non négligeable de riders étrangers sur cette manche.

La vision de l'enduro italien est un peu différente de la vision française. Ce qui est peut être la cause du manque d'italien dans le top 15 mondial... Ici les parcours sont annoncés à l'avance et tous les riders roulent un maximum sur les tracés jusqu'à la veille de la course. Dans le jargon, on dit que "les spéciales ont été complètement limées". Ils ne roulent jamais "à vue"...

De mon côté, c'est en fin de notre semaine de vacances en Italie que nous arrivons sur les lieux la veille de la course pour récupérer ma plaque. En discutant, dans la file d'attente, je suis un peu déçu d'apprendre que les spéciales se déroulent sur les pistes permanentes de descentes de San Remo. Les spéciales s'annoncent donc très techniques et assez peu naturelles.
Ensuite, un français du top 20 mondial, me dit en rigolant et en me tapant sur l'épaule : "T'as pas reconnu !! Ca va être dur, c'est très technique, très pentu, blindé de rochers et surtout il y a beaucoup de ciels !"
Flo entend ça et dit : "Moi je serai aller aux toilettes direct en entendant ça!"
Mais je reste sur le dernier mot : "De ciels ???" je m'imagine alors des sauts tellement longs qu'ils nous font oublier que le sol existe.
-"Non, ce sont des portions sans visibilité derrière un obstacle ! Sans connaître, tu freines!"
OK, je préfère ça que les sauts éternels !

Je me dis alors que ce sera un très bon entrainement pour moi qui ne suis pas bon sur les rochers...
Une nouveauté pour cette course c'est mon récent changement de jambe. Non je n'ai pas encore de prothèse ! Mais en descente, comme en surf ou snowboard, on a tous un pied que l'on place à l'avant et l'autre à l'arrière. J'ai appris le VTT avec la jambe droite à l'arrière. La jambe arrière est celle qui travaille le plus et qui encaisse le plus les chocs. Mais mon genou droit est le plus fragile... Alors, j'ai décidé de changer de jambe arrière il y a une semaine.
Au début, c'est presque aussi perturbant que de piloter en croisant les bras... Après deux jours d'entrainement à Finale Ligure, ça va déjà mieux.

L'autre nouvelle c'est qu'on aura presque 60km et 2000m de dénivelé à monter à la pédale sur nos gros vélos.
Bon ça fera un très bon entrainement pour moi qui ne pédale jamais longtemps...

2018, Tom, SuperEnduro de San Remo : Changement de jambe !

Le dimanche matin est la. Je pars à vélo pour rejoindre mon départ. Je laisse Flo s'occuper de charger le Scudo de tous nos bagages, rendre l'appart et profiter de San Remo avec les filles.

En remontant à la spéciale 1, je m'aperçois que le rider autrichien qui partira derrière moi est bien sympa, très fort (c'est son métier) et qu'il est venu ici pour obtenir une qualification pour les coupes du monde. Je lui précise de bien s'annoncer quand il me rattrape que je puisse m'écarter ou m'arrêter pour qu'il passe.

Spéciale 1 :

Juste devant moi, un rider (54) n'avait pas entendu qu'on l'appelait, ça braille de partout en italien ! Il a raté son départ, du coup il s'élance quelques secondes avant moi.
Assez rapidement je le rattrape, je signale ma présence en italien mais il ne me laisse pas passer. J'essaye en anglais, il ne veut rien entendre le gaillard, je ne parviens toujours pas à passer. Il est encore plus lent que moi... Après, probablement une petite minute derrière lui, je tente un dépassement ou cela me semble possible. En même temps, j'entends mon autrichien débouler derrière ! Je parviens à doubler le 54 tout en me faisant brasser par une trajectoire un peu trop originale. Un peu plus loin, l'autrichien est derrière moi, je le laisse passer en m'arrêtant et je repars juste devant le 54 ! Ouf !

De rochers en rochers, de ciels en ciels, je finis relativement satisfait de mon pilotage. J'ai conscience de manquer de vitesse mais je suis content d'avoir su passer toutes les difficultés sans me mettre en danger. 

Beau !

Beau !

rochers

rochers

rochers

rochers

Chute !

Chute !

Spéciale 2 :

Elle est plus courte et plus pentue. L'histoire du 54 se répète mais j'attends moins longtemps avant de le passer. Je m'arrêterai un peu plus tard pour laisser passer mon autrichien volant.
Sur cette spéciale je trouve que je roule mieux mais je fais une sortie de piste qui me fait perdre pas mal de temps. Mon vélo semblait ne pas vouloir revenir sur la piste et préférait s’emmêler dans les rubalises...

En remontant à la spéciale 3, je vois le 54 arrêté sur le bord de la route. Je lui demande si tout va bien en italien (mon italien) puis en anglais (mon anglais). Il me fais alors un signe qui m'indique qu'il n'entend pas... Je comprends mieux, il ne se pousse pas dans les spéciales car il est sourd... Tout simplement...

Marches !

Marches !

Spéciale 3 :

La spéciale 3 est longue et selon ce que je comprends en italien et  anglais, difficile sur la deuxième partie.
J'apprécie le début sur lequel je roule bien. La deuxième partie me pose plus de problème en raison des nombreux "ciels". Je finis donc cette spéciale en assurant sans prendre de risque mais avec peu de vitesse.

Un ciel !

Un ciel !

Beau !

Beau !

rochers

rochers

Spéciale 4 :

Cette spéciale est très longue et très éprouvante. Je l'ai appréciée et je suis très satisfait de mon pilotage  sur cette spéciale ou l'erreur pouvait vite arriver.

Classement général : 147ème en 33min31s (+31% pas terrible)

rochers

rochers

rochers

rochers

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2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

26 Avril 2018, 20:34pm

Publié par tcaboc34

Samedi 14 avril

Ultra Montée du Salève

 

Plus de 350 concurrents sont sur place pour se dépasser lors de cet Ultra Montée du Salève (UMS).

 

Le principe :

En 6h00, de 10h00 à 16h00, il faut réaliser le maximum de montées, sachant que les descentes se font en téléphérique. Tous les concurrents ayant réalisés le même nombre de montées sont départagés par le temps cumulé de leurs montées et non par l’heure d’arrivée de leur dernière montée ! Vous suivez ? Comment ça on comprend rien !?

 

Exemple :

Gérard a fini ses 6 montées à 15h51 avec un temps de 4h50min
Maurice a fini ses 5 montées à 15h27 avec un temps de 4h45min
André a fini ses 5 montées à 15h58 avec un temps de 4h40min

Alors le classement ?
Samy, tu ne suis pas !! Arrête d’essayer de faire tourner ton stylo !!

Bon, ça donne :
1er Gérard (6 montées) , 2ème André (5 montées, 4h40), 3ème Maurice (5 montées, 4h45)

 

Bien loin de ces calculs, nous venons d’arriver sur le parking proche du départ. Depuis hier soir, jusqu’à ce matin, Flo passe son temps aux toilettes. Je ne m’inquiète pas, j’ai l’habitude de ses rituels…

Une fois le dossard récupéré et la tenue enfilée, nous partons pour l’échauffement. Flo semble gênée par une douleur sous les cotes. Je lui dis que ça passera et que ce ne sera plus un problème dans 30min quand elle aura mal aux jambes.

Elle se place ensuite sur la ligne de départ… Enfin en réalité il n’y a pas de ligne de départ, mais elle se positionne dans le premier quart de la meute.

La meute est lâchée, je vais alors rapidement chercher la caisse avec son ravitaillement (6 bidons + 6 barres énergétiques + 2 gels énergétiques) pour prendre ensuite le téléphérique et arriver avant elle en haut.

Arrivé 667m plus haut, je l’attends ; bidons et appareil photo en mains, barre dans la poche…

 

Le plateau féminin est bien garni :

- Élise : lauréate en 2017, vainqueur du semi-marathon de Genève, 5ème au Championnat de France course en montagne 2017, sélectionnée aux JO de Londres en Kayak...

- Lucie : équipe de France, championne du monde de trail long par équipe 2017 (8ème en individuelle)

- Aline : lauréate du Trail Tour Nationale 2016

- Laure : ex-équipe de France de ski de fond, vainqueur du trail de la Michaille 2017, 37min34s au 10km du lac d'Annecy en 2017

- Iris : Skieuse de fond internationale avec plusieurs top 10

- Judith : vainqueur du 65 km du trail de la chouette 2017

- Armelle : 3 podiums à l'UMS

- Florence : 1ère de la course du Vuache 8km

1ère montée :

Je sais que sur une montée, elle peut être très rapide, alors je me dis qu’elle peut arriver dans les 3 premières, proche voir devant Lucie.

Et PAF, je la vois sortir de la forêt deuxième peu de temps après Élise (imbattable, sympa et très modeste).

Bidon, barre, tout est OK, elle redescend avec la première benne.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !
2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

2ème montée :

Faire deux montées rapides, je pense que c’est faisable pour Flo. Mais fera-t-elle encore le 2ème temps ?

Et BIM, elle arrive à nouveau deuxième et semble être bien.

Bidon, barre, tout est OK, elle redescend.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

3ème montée :

Je pense alors qu’elle montera moins vite car elle ne fait jamais d’entraînement long. Que ce soit à vélo, à pied ou dans l’eau, ça ne dure plus d’une heure que très rarement et uniquement à vélo.

Je suis alors très surpris de la voir arriver une nouvelle fois deuxième, toujours devant Lucie, mais seulement de quelques mètres !!

Elle commence à ressentir quelques difficultés, ça tire au niveau des mollets... (pas de bâtons...)

Bidon, barre, tout est presque OK, elle redescend.

4ème montée :

La course est difficile à suivre car seules les 3 premières femmes ont réussi à prendre la première benne à la fin de la 1ère montée. Donc je ne peux pas savoir si les autres femmes montent plus vite que Flo… Mais à ce moment là, je n’y pense pas, je me demande surtout si elle ne va pas avoir de crampes aux mollets.

Je vois Élise passer, puis le temps passe, je vois Lucie passer, puis Flo arrive. Je sens que ça va moins bien, je lui demande si elle veut du DéCramp, elle me dit oui. Je fonce alors le chercher dans la caisse pour lui donner avant le départ de la benne. J’y parviens tout juste.

On discute un peu avant le départ de la benne ; faire une cinquième montée et voir ce que ça donne…

Bidon, barre, Décramp, le physique est affaibli, elle redescend.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !
2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

5ème montée :

Je m’attends alors à une montée très lente, 50 ou 55 min. Élise et Lucie passent…

Flo arrive enfin, dans un temps pas si mauvais mais je ne la sens pas au mieux. Je monte à côté d’elle, elle dit qu’elle va tenter une 6ème montée. Un autre coureur qui l’entend intervient : « 6 montées oui, mais tu vas même en faire 7, tu auras le temps ! ».

A ce moment là, il est certain que des bâtons l’auraient bien aidée. Tous les coureurs bien placés ont des bâtons, sauf Flo… Ses bras sont presque comme des bâtons, mais ils sont un peu trop courts pour toucher le sol !

On discute un peu avant la benne ; tenter une sixième montée…

Bidon, elle ne veut plus de barre, Décramp, rien ne va plus, elle redescend.

6ème montée :

Va-t-elle arriver en haut ? Pour le classement, il est impossible depuis en haut de le connaître. Mais de ce que je vois de la course, elle est selon moi troisième.

Elle arrive, je monte la dernière partie à côté d’elle. Juste derrière elle se trouve Laure, la fille susceptible d’être quatrième, mais à combien de temps derrière Flo ?

Flo semble fatiguée… Quelle stratégie adopter ? Il est certain qu’elle n’aura pas le temps de faire 8 montées. Si tout ce passe sans encombre, elle a largement le temps de faire la 7ème montée.

- 1ere stratégie : faire une pause, pour faire la 7ème montée le + rapidement possible (stratégie de Laure). Éventuellement, faire la montée sans lâcher Laure.

- 2eme stratégie : continuer avec la même méthodologie qui a fonctionné jusqu’à présent. Ce qui permettra à Flo de faire ses 7 montées même si elle fait cette dernière très lentement.

On discute un peu avant la benne. Laure se fait masser, elle ne prendra pas cette benne. Je dis à Flo de prendre cette benne et de prendre son temps en bas, si elle le souhaite, avant de faire la montée…

On opte donc pour la 2eme stratégie avec possibilité de choisir la 1ere si changement d’avis dans la benne.

Bidon, barre hors de question, Décramp, au bout du roulot, elle redescend.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

7eme montée :

En bas, Flo ne veut pas se reposer, elle a peur de ne jamais réussir à repartir. Alors elle fait exactement comme pour les 6 autres montées ; elle jette son bidon dans le seau que j’ai mis en bas et attaque sa montée.

En haut, je me dis que si Flo monte normalement, elle devrait rester troisième étant donné que je l’ai toujours vu aller plus vite que Laure aujourd’hui.

Elle arrive, elle me semble aller convenablement. On finit la montée ensemble et même avec Julia sur les derniers mètres.

Nous sommes tous les deux ravis et surpris d’une telle performance (7 montées, ce n’était pas prévue!).

Le speaker à côté du chronométreur n’annonce pas de classement au moment de son passage sur la ligne. Normal puisqu’il reste certaines concurrentes sur leur 7ème montée.

Flo se sent vider de son énergie une fois arrêtée. On se dit que la stratégie était la bonne car elle n’aurait probablement pas pu repartir après une pause.

Un peu après, nous voyons Laure arriver. Le speaker à côté du chronométreur annonce alors Laure 4ème femme. Cerise sur le gâteau, Flo va être sur le podium !

Boisson de récupération, fatiguée, on redescend.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !
2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

L’ambiance en bas est sympathique. On ressent que tout le monde est satisfait d’avoir donné le meilleur de sois même. La remise des prix arrive relativement rapidement (17h c’est bien). En revanche, Flo est appelée quatrième, derrière Laure, ce qui est une performance très satisfaisante et inattendue de tous vue la concurrence, mais un peu décevante après avoir été annoncée troisième à l’arrivée.

 

Si Flo fait l’UMS en 2019, ce sera avec des bâtons, comme tout le monde !

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !
 

Montée1

Montée5

 général 

Montée2

Montée6

 général 

Montée3

Montée7

général

Montée4

Montée8

général
Elise32'26''0h32'2633'25"1h05'5134'19"1h40'1035'23"2h15'33
 1ere1ere1ere1ere1ere1ere1ere1ere
 36'07"2h51'4036'32"3h28'1236'34"4h04'4636'24"4h41'10
 1ere1ere1ere1ere1ere1ere1ere1ere
 
Lucie34'56"0h34'5637'04"1h12'0037'27"1h49'2737'32"2h26'59
 3eme3eme5eme4eme4eme4eme2eme3eme
 38'23"3h05'2239'24"3h44'4639'56"4h24'42  
 2eme2eme2eme2eme2eme2eme  
 
Laure35'43''0h35'4336'07''1h11'5036'45"1h48'3538'48''2h27'23
 4eme4eme2eme3eme2eme3eme4eme4eme
 40'37''3h08'0041'16''3h49'1641'17''4h30'33  
 3eme4eme4eme4eme3eme3eme  
 
Florence34'00"0h34'0036'25"1h10'2536'58"1h47'2338'34"2h25'57
 2eme2eme4eme2eme3eme2eme3eme2eme
 41'57"3h07'5440'59"3h48'5342'26"4h31'53  
 4eme3eme3eme3eme5eme4eme  
 
Iris35'56"0h35'5637'36"1h13'3237'31"1h51'0340'362h31'39
 6eme6eme6eme6eme5eme6eme5eme5eme
 43'31"3h15'1043'00"3h58'1042'204h40'30  
 5eme5eme5eme5eme4eme5eme  

 

Flo raconte :

L’année dernière, nous avions participer avec Tom et Samy au kilomètre vertical, une seule montée sèche sur le parcours (d’ailleurs le parcours était différent sur la seule année 2017), et j’avais beaucoup aimé cette course. Voir les autres participants gravir plusieurs fois la montagne m’avait donné envie d’y participer, mais Tom m’en dissuadait, étant donné que je n’ai pas d’entraînement sur de longues distances ou sur des parcours dépassant une heure !

Hors cette année, pas de kilomètre vertical prévu, seule l’épreuve de 6heures ! L’occasion est trop belle, ni une ni deux, me voilà inscrite, excitée comme jamais à l’idée de faire cette course ! Un peu inquiète aussi de savoir comment j’allais gérer le cumul des montées.

A l’entraînement j’ai fait 3fois une seule montée pour rejoindre Tom et les filles en haut de la télécabine, et 2 fois 2montées, dont une seule fois sur le vrai parcours, avec Tom, le dernier tiers étant vraiment très raide. (les autres fois je faisais un détour, un peu plus long mais moins raide, qui permettait de courir tout le long du trajet).

Mon objectif était de faire 2montées rapides, puis de faire les montées 3 et 4 comme je pouvais. Je ne visais pas spécialement d’en faire plus, en fait je ne m’étais pas spécialement posé la question.

Tom s’étant fait mal au genou pendant la reconnaissance du dimanche précédent la course, il a préféré remettre son dossard, et jouer à fond son rôle de coach sur la course. Et quel coach !!!! Ma mère gardait les filles dans la matinée puis a rejoint Tom pour un pique nique dans le Salève, avec également mon père, et aussi Aurélien et ses 2 filles.

Durant l’échauffement, je cours à peine, j’ai mal sous les côtes, je suis un peu inquiète de cette douleur type point de coté alors que j’ai eu le temps de digérer mon petit dej et que je cours vraiment tranquille. Je mets ça sur le compte du stress, les personnes me connaissant savent les effets collatéraux du stress sur moi ! On entend l’organisateur qui annonce que la 1ère benne partira uniquement lorsque les 55 premiers coureurs seront arrivés, et que les bennes descendront quand elles seront remplies, au contraire des autres années ou les bennes partaient avec ceux arrivés, mais n’attendaient pas quelques minutes les suivants.

Avec Tom, on se dit que normalement je devrais pouvoir monter dans cette 1ère benne.

 

Le départ est donné ! Il fait beau, pas trop chaud, l’ambiance est bonne, je suis contente de me lancer ! Il y a 2 filles devant moi, Elise qui dès le début prend beaucoup d’avance, et Lucie, que je suis de près. Je double Lucie après les 1eres marches, elle me repasse, puis je la redouble et cette fois je reste devant jusqu’à la fin de la montée. Cette première montée se passe bien, il y a même des moments ou je suis obligée de marcher en suivant les coureurs qui sont devant moi, alors que d’habitude ce sont des portions ou je cours, et je me dis que ce n’est pas plus mal, que ça me temporise pour ne pas arriver cramée sur cette 1ère montée !

Tom m’attend dans le champ en sortie de sous bois, dans les derniers 250 mètres avant l’arrivée. Il m’encourage, me tend ma gourde et une barre énergétique. Je suis contente d’arriver pour la 1ere benne, et en 2ème position femme pour l’instant ! Je mange une demi barre et bois dans la benne.

Lors des 800 premiers mètres de cette 2ème montée, sur le passage goudronnée en faux plat descendant, j’ai mal au ventre, sous les côtes à droite… Je me dis que c’est mal engagé… Puis la douleur s’en va dès que ça remonte. Elise est partie en tête, j’ai doublé Lucie sur cette partie goudronnée, et je reste dans les talons de Thibault, que je suis à la trace. Quand il double, je double, quand il marche je marche, et je relance en courant dès que je peux. Je n’ai pas de bâtons, je m’aide avec les rampes dans les marches du 1er tiers du parcours, le 2ème tiers se fait encore assez rapidement, on court encore pas mal, et dans le derniers tiers assez raide, je suis contente d’avoir mon lièvre qui me tire vers le haut !

Une demi barre et une gourde de boisson dans la benne. Je suis contente de ces 2 premières montées, et je me sens encore très bien pour continuer de courir.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

La 3ème montée ressemble à la 2ème, je suis devant Lucie, et derrière Thibault, je reste dans son rythme.

Quand je vois Tom dans le champs, je suis contente d’être en 2ème position, mais je lui dis que j’ai hâte que Lucie me dépasse, j’ai l’impression que j’aurais moins la pression comme ça ! Le temps s’est un peu couvert, il fait froid. Tom me demande si je veux un pull ou quelque chose, mais non je ne veux rien changer.

Dans la benne nous avons tous un peu froid. Il est midi, cette fois je mange la barre entière. Des gens me disent dans la benne que je suis partie sur un rythme de 7 montées, je rigole, je leur explique que mon objectif était déjà d’en faire 4, je ne me suis pas projetée plus loin.

Lors de la 4ème montée, Lucie me double. J’essaie de rester dans son rythme mais elle va trop vite, je ne peux pas la suivre. Du coup j’ai doublé Thibault, et il décroche. Je fais donc cette montée plutôt seule.

Je demande à Tom un truc anti crampe. Cette fois il m’accompagne jusqu’au ravitaillement juste avant la benne. Je lui demande si la 4ème est loin, je lui dit que je continue, il me demande si je veux essayer de viser le classement général, je lui dit oui.

 

En attendant la benne, Thibault me dit que c’est la 4ème montée qui est difficile pour lui, la dernière fois il avait déjà mis beaucoup plus de temps sur cette montée. Dans la benne suivante, cette fois je peux m’asseoir. C’est super, je discute avec des personnes, beaucoup m’encourage. Ils sont partis pour faire 7 montées, et m’encourage à les faire aussi. Je commence à me projeter, mais j’ai des doutes, j’ai des crampes depuis 2 montées. Je ne mange qu’une demi barre avec un morceau de banane, j’en ai marre de ces barres mangues.

 

Dans les parties goudronnées, je gère la descente en faisant attention de ne surtout pas talonner, je sais que je risque d’avoir très mal aux mollets le cas échéant, ou d’avoir une vraie crampe qui m’obligerait à m’arrêter.

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

La 5ème montée est très dure, je décroche d’un gars que je suivais au début. C’est long, le dernier tiers me semble interminable. Tom m’attend cette fois plus bas, dans la partie du sous bois. Je lui dit que ça commence à être dur, mais que j’en fais une 6ème. Eric court à cotés de moi et me dis que j’en ferai même une 7ème !

Au ravito je ne veux plus de barre, je mange des tucs et des abricots secs, et un gel de je ne sais pas trop quoi vraiment degueu.

 

Lors de la 6ème montée, Laure me dépasse vers le milieu de la montée, vers les gros cailloux avant la 2ème vierge. Je la suis de près, je ne décroche pas, je reste dans ses fesses. Je la redépasse dans le champs. Je comprends que ça va être chaud de conserver ma place !

J’arrive au ravito, dans la précipitation je crache mon eau dans le hall. Tom est avec moi, il me dit que je n’ai pas le temps d’en faire 8 (encore heureux!), du coup je peux prendre mon temps et récupérer avant de faire la 7ème. La benne part, je cours pour l’attraper avant que les portes se ferment. J’ai des trucs dans les mains, mais je ne mange quasi rien, et le verre que Tom m’a donné avec un liquide rose, je le verse à moitié sur le sac d’une fille devant moi dans la benne…

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

Je ne prends pas le temps de me reposer, je veux en finir, monter le plus vite possible. Laure a pris la benne suivante, donc je n’ai pas de repère, mais j’essaie de courir des que je peux, j’essaie de relancer, de marcher le plus vite possible. C’est dur mais je veux croire que je peux encore être sur le podium et cette perspective me donne du courage. A l’arrivée, Julia et Tom courent avec moi sur les derniers mètres, c’est génial de courir avec eux !!!!

Je rejoins ma mère et les filles sur le coté du parcours, je vois arriver Laure et le speaker annonce l’arrivée de la 4ème, Laure… Je suis alors trop contente de ma 3ème place !!! Tellement fière et heureuse!!!

J’ai aussi un gros coup de barre, assez froid. Tom me donne ma boisson de recup, j’ai mal dans la poitrine. On n’attend pas l’arrivée d’Elise, qui réussira sa 8ème montée, et battra ainsi le record féminin de l’épreuve. Finalement, un thé chaud et un morceau de gâteau du sportif me ragaillardisse, et en bas il fait déjà nettement plus chaud.

Lors de la remise des prix, je suis appelée 4ème… Et oui, au cumul des temps, Laure à mis 45 secondes de moins que moi sur les 7montées !

Après quelques minutes de déception, la joie reprend le dessus. Je suis super contente d’avoir réussi 7 montées, et très fière de cette 4ème place, complètement inattendue ! J’ai rencontré de très belles personnes, qui m’ont encourager tout le long, je pense notamment à Arnaud, qui m’ a beaucoup encourager, à Eric qui n’a eu aucun doute sur le fait que je puisse faire 7 montées, à Sebastien, avec qui l’on parlait minimalistes, et d’autres choses encore. Merci les gars, c’était super de faire la course aussi bien entourée ! Et surtout, un grand merci à mon super coach Tom, cette course n’aurait pas eu la même saveur sans ton organisation et ton soutien sans faille !!

 

2018, Flo, Ultra Montée du Salève : Un poireau sans bâtons !

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